La section de franchissement de la Loire

Longue de 4 km, la section de franchissement de la Loire se situera entre la RD951 au sud et la RD960 au nord.

Raccordée à ces axes avec des carrefours giratoires, elle concentre de nombreux enjeux environnementaux et paysagers. Autant de spécificités dont le Département a tenu compte dans son projet : le risque d’inondation, la traversée d’un paysage inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco et la présence de riches écosystèmes protégés par des zones Natura 2000.

La présence d’habitations au hameau de la Motte, à moins de 200 m de la route, conduira le Département à dresser un écran acoustique pour cacher les voitures et atténuer le niveau sonore causé par le trafic routier. Il sera associé à des bosquets de noyers qui briseront la linéarité de l’ouvrage. Les habitats naturels pour la faune et la flore caractéristiques du Val de Loire seront préservés et renforcés entre la route et la levée à proximité de la mare du Clos Yré. Ils favoriseront l’accueil de la biodiversité.

Le tracé franchira la levée de Loire au niveau de Pontvilliers. Bien qu’elle paraisse supportée par la digue de protection contre les inondations, la route sera, en réalité, portée par des fondations profondes, ancrées dans la roche calcaire à 15 mètres de profondeur. Ce choix de construction garantira l’intégrité de la digue en cas de forte crue. Les Boires constituent naturellement une zone d’expansion de crues à partir d’une crue cinquantennale.

Un pont de 75 mètres sur la Loire tout en transparence et à la technologie moderne

La création d’un pont de 75 mètres permettra l’écoulement des eaux de crue. Une légère déclivité des terrains guidera les eaux vers le pont en les écartant du pied de la levée. Le coin d’eau entre la route et la levée sera en partie comblé pour éviter la stagnation des eaux. Le mouvement de l’eau, le mouvement de la lumière, le mouvement du paysage, à travers les saisons, se transmettront au dessin de l’ensemble de l’ouvrage.

Le tablier mixte est constitué d’un caisson métallique et d’une dalle en béton. Son inertie, variable, rappellera les anciens ponts en maçonnerie de la Loire. Mais sa technologie moderne allongera et rythmera les travées pour accentuer l’effet de transparence et conserver les perspectives horizontales de la Loire. L’ondulation du tablier créera des belvédères et apportera sur le caisson une ombre dynamique.

La pile, vrillée, s’efface pour laisser passer le fleuve. Sa finesse participera à l’ouverture des perspectives. Sa couleur rappellera les sables de Loire. Enfin, la culée reprendra la force, la tension de l’ouvrage pour l’ancrer agréablement dans son territoire. Sur le pont, les circulations douces seront sécurisées pour accéder aux belvédères.

Des reboisements pour compenser les défrichements indispensables

L’itinéraire de la Loire à vélo sera rétabli. Un accès au viaduc sera créé depuis la Loire à vélo. Les chemins du bord de Loire seront conservés pour permettre aux randonneurs d’apprécier l’architecture et poursuivre leur promenade.
Depuis la maison de Maurice Genevoix qui est un site classé, le franchissement de Loire ne sera pas visible. De même, on ne verra pas le futur pont depuis les châteaux de Latingy et Saint-Aignan.

Les remblais d’accès au viaduc seront adoucis pour éviter l’effet de masse dans le lit et rendre la partie basse des rampes à l’exploitation agricole. Les talus de la pénétration dans le coteau Nord de la Loire sont également adoucis et plantés pour recoudre la trame végétale existante et atténuer l’effet de tranchée. Pour compenser l’impact du défrichement dans le bois de Latingy, indispensable pour rejoindre la RD960, des reboisements seront réalisés. Ils assureront la continuité du massif boisé et supprimeront l’impact paysager du passage au dessus de la voie ferrée.